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En finir avec les allergies saisonnières

Dernière mise à jour : 14 mai


Crise d’éternuement, palais qui gratte, nez qui coule, yeux qui pleurent et/ou qui rougissent à l’arrivée du printemps…ça ressemble à une allergie saisonnière !

Les pollens sont responsables de ces réactions allergiques appelées pollinoses, qui se manifestent principalement par des rhinites, le fameux rhume des foins ou des rhino-conjonctivites et plus rarement par de l'asthme.

L’allergie aux pollens touche un adulte sur trois. Ce chiffre aurait doublé ces 20 dernières années dans les pays industrialisés. A tel point que l’OMS parle de 4e maladie chronique mondiale.

Des études montrent également que l'élévation des températures atmosphériques et de la concentration en CO2 rend certains pollens plus allergisants (1). D'autant que ces 25 dernières années, les dates de floraison se sont avancées de 2 à 3 semaines et les saisons de pollinisation se sont allongées.

 

Rhume classique ou rhume des foins ?

 

L'allergie est une réaction inadaptée, exagérée et excessive du système immunitaire après un contact avec une substance considérée à tort comme dangereuse par nos cellules. 

Il existe des prédispositions génétiques car un enfant compte 20% de risque d'être allergique si l'un de ses parents l'est et 40% si les deux parents le sont. Mais l’allergie peut également survenir à tout moment, même lorsque l’on n’en a jamais connu car cela dépend aussi de l’intensité et la durée de l’exposition et, comme nous allons le voir aussi, de notre état général de santé.


Voici une liste de la plupart des symptômes :

-         Nez qui pique, qui coule et des sécrétions très liquides (contrairement aux infections hivernales qui vont engendrer des sécrétions plus épaisses, voire colorées)

-          Démangeaisons, des larmoiements et des rougeurs aux yeux

-          Crises d’éternuements

-          Nez bouché

-          Tension dans la région des sinus

-          Toux

-          Altération du goût, de l'odorat et de l'audition

-          Fatigue, irritabilité, insomnie...

L'allergie saisonnière peut être dangereuse car elle déclenche parfois des asthmes sévères qui peuvent se cumuler avec d'autres manifestations comme les rhinites ou les allergies alimentaires.

 

Dès janvier et parfois jusqu’à l’automne, l’exposition peut être longue. Bouleau, noisetier, châtaigniers, graminées… nous ne sommes pas tous sensibles aux mêmes types de pollens. Il existe un site pour mieux identifier les pollens auxquels vous êtes exposés et essayer de diminuer/prévenir les expositions, il s’agit du site du Réseau National de Surveillance Aérobiologique (R.N.S.A.) : https://www.pollens.fr/

 

L’histamine, qu’est-ce que c’est ?

 

Beaucoup d’entre nous ont recours aux anti-histaminiques pour limiter les symptômes de ces allergies. Mais qu'est ce que c'est l'histamine? 

L’histamine est une substance chimique naturellement présente dans l’organisme. A faible dose, elle régule de nombreux processus physiologiques comme la sécrétion d’acide gastrique, les neurotransmetteurs, la défense immunitaire… cependant en trop grande quantité, elle est impliquée dans de nombreux phénomènes inflammatoires et allergiques. Et 15% de la population a même une capacité altérée à dégrader l’histamine.


Comment limiter l'histamine? 

Il peut être intéressant d’éviter pendant quelques semaines les aliments riches en histamine car de nombreux aliments peuvent provoquer des réactions croisées avec les pollens, même si ces réactions vont dépendre de chacun.

Si vous êtes sensible aux pollens de bouleaux, noisetiers ou aulnes, un risque d'allergie croisé est possible avec l'abricot, l'amande, le brugnon, la carotte, le céleri, le kiwi, la pêche, la noisette, la noix, la pomme ou la pomme de terre. Plus les fruits seront mûrs et plus ils seront riches en histamine et donc allergisants.

Pour les allergiques aux pollens de graminées ce sont principalement les cacahuètes et la tomate qu'il faudra surveiller.

De manière générale, les aliments les plus riches en histamine sont ceux contenant des levures ou ayant subi un processus de fermentation (pains, fromages, bières, vins, kimchi, sauce soja...) ainsi que des aliments en contenant naturellement comme les aubergines, les tomates, les épinards ou encore les cornichons.

L’histamine est une molécule est qui n'est pas sensible à la chaleur, elle est donc toujours présente même après la cuisson !

Il y a malheureusement peu d'études sur le sujet mais il semble que les aliments biologiques causent moins de réactions allergiques que ceux qui sont cultivés de façon conventionnelle.


Comment soulager naturellement les allergies?

En naturopathie, on va s’intéresser aux phénomènes qui peuvent amplifier la production d’histamine endogène et notamment l’excès de stress, les troubles hormonaux et les dysbioses intestinales.


"Quand on a une pathologie liée à la saison, c’est que l’on a une difficulté d’adaptation à la saison. Dans nos rythmes physiologiques, l’adaptation dépend de deux axes endocriniens : la thyroïde (survie dans le temps) et les surrénales (survie dans l’instant)."

Docteur Jean-Christophe Charrié


Santé intestinale

La muqueuse intestinale entre en jeu dans les réactions allergiques car elle est un rempart contre l’histamine (3). Pour soutenir la muqueuse intestinale, on va proposer une alimentation anti-inflammatoire, riche en micronutriments, avec le moins d’aliments industriels et transformés possible.


La richesse du microbiote est un véritable atout pour la santé intestinale et donc pour limiter les allergies. Plusieurs études parlent des lactobacilles et bifidobactéries qui semblent prévenir la récurrence de la rhinite allergie, atténuer la sévérité des symptômes et améliorer la qualité de vie. Et en particulier du le Lactobacillus paracasei et Lactobacillus casei (4).

 

Plusieurs études suggèrent que certains déficits en micronutriments comme fer, zinc, vitamines A et D, acides gras essentiels omega 3, pourraient favoriser les phénomènes allergiques.

 

Pourquoi les allergies ont-elles un lien avec le cycle féminin ?

 

Les excès d’œstrogènes vont encourager la libération d’histamine et réduire la synthèse de l’enzyme qui détruit cette histamine, la DAO (diamine oxydase). Il y a ainsi des phases du cycle mais aussi des périodes de la vie pendant lesquelles les femmes peuvent être plus sensibles à l’histamine (puberté, ménopause, hyperoestrogénie…). D’autant que l’histamine elle-même stimule les ovaires à produire plus d’œstrogènes, entraînant ainsi les femmes dans un véritable cercle vicieux (5) …

 

Les remèdes naturels

 

Il existe en phytothérapie plusieurs plantes anti-histaminiques et/ou anti-inflammatoires pour diminuer le niveau d’inflammation de l’organisme.


  • Le bourgeon de cassis 

C'est LA plante anti-allergique par excellence, grâce à ses propriétés anti-inflammatoires et son action drainante, le bourgeon de cassis va permettre de lutter contre tous types d’allergies. Sa richesse en flavonoïdes lui donne une action antihistaminique naturelle.

 

  • Le grand plantain et le plantain lancéolé

Ces plantes sont très communes, on les retrouve dans de nombreux jardins. Plusieurs études ont montré qu'elles pouvaient inhiber la libération d’histamine et réduire l’expression des récepteurs d’histamine dans le corps.

 

  • L’ortie

Encore une plante que l'on néglige trop et qui est facile à trouver! Elle inhibe les récepteurs de l'histamine et régule la production des prostaglandines spécifiques de l'allergie (les prostaglandines sont les molécules responsables des phénomènes inflammatoires).

 

  • Les compléments alimentaires

-          La quercétine est un flavonoïde antioxydant qui s’oppose à la sécrétion d’histamine. Naturellement présente dans les végétaux, on la retrouve dans le sarrasin, le brocoli et les oignons rouges. Plusieurs études révèlent que la quercétine permet de réduire les symptômes allergiques de manière significative.

 

-          La vitamine D : Quelques études ont lié un taux de vitamine D bas à un risque accru d'allergies et à la gravité des symptômes chez l'enfant et l'adolescent. Même si le lien formel entre vitamine D et allergies reste à établir, il est prudent de contrôler son taux de vitamine D et de se supplémenter si besoin (à raison de 1000 à 2000 UI de vitamine D3 par jour, en fonction de son exposition au soleil).

 

Quelques gestes simples au quotidien


Enfin pour limiter tout simplement votre exposition aux pollens, il est recommandé de respecter quelques gestes simples :

-  Aérer votre intérieur plutôt le matin, passer l’aspirateur au moins une fois par semaine;

- Limiter les sorties en extérieur, notamment en cas de temps sec. En cas de pluie, les pollens volatils vont rester au sol et provoquer moins de réactions allergiques;

-  Enlever vos vêtements en rentrant chez vous et prenez votre douche le soir si vos cheveux ont été exposés;

-   Rincer votre nez avec un spray à l’eau de mer ou encore mieux avec un lota;

-  Ne pas ouvrir les fenêtres de la voiture l’après-midi et maintenez une aération en circuit fermé.

 

L'accompagnement d'un naturopathe peut vous aider à personnaliser ces conseils et à travailler sur les causes de votre allergie aux pollens et la dimension psycho-émotionnelle afin d'éviter la chronicité de ces phénomènes allergiques.


Références

(1)    Rapport de l’ANSES

(3)    Documentaire d’Arte, les fabuleux pouvoirs du ventre

(4)    Costa DJ, Marteau P, Amouyal M, Poulsen LK, Hamelmann E, Cazaubiel M, Housez B, Leuillet S, Stavnsbjerg M, Molimard P, Courau S, Bousquet J. Efficacy and safety of the probiotic Lactobacillus paracasei LP-33 in allergic rhinitis: a double-blind, randomized, placebo-controlled trial (GA2LEN Study). Eur J Clin Nutr. 2014 May;68(5):602-7. doi: 10.1038/ejcn.2014.13. Epub 2014 Feb 26. PMID: 24569538.

(5)    Period repair manual, Lara briden

(6)    Ma santé au naturel #1 - Série 2 - Dr Jean-Christophe Charrié : Lutter contre les allergies


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